08 février 2009

Madame Lindman

Ha, il était tout content Charlie, lorsqu'il m'a appelé pour m'annoncer la grande nouvelle. Exité comme une puce, comme souvent lorsqu'il s'est envoyé quelques verres de cognac, d'ailleurs. Il parlait si fort que j'ai dû éloigner un peu le combiné de mon oreille. Sacré Charlie, une paye que je le connais, maintenant. Si l'on devait résumer ma vie, se serait : des patates, des steaks bien saignants, quelques pouffes de passage et... Charlie. Ce mec fait partie intégrante de ma vie. Si Charlie décédait, je crois que je me ferai chier. Il m'annonça la nouvelle comme s'il venait de remporter la super cagnotte du vendredi 13 : madame Lindman était décédée. Plus de vieille bique qui vous les casse au sujet du bruit, plus de regards obliques dans les parties communes, plus à supporter sa vieille tronche en biais, son oeil torve et l'autre bovin, le regard aussi intelligent qu'un ruminant avant l'abattoir. Cette vieille croûte a cassé sa pipe, au grand bonheur de Charlie, et donc du mien. Je m'imprégnais de l'euphorie de Charlie et j'ai bien cru que j'allais choper des crampes aux joues tellement je souriais. Effectivement, maintenant nous pourrons passer des soirées à boire du cognac, écouter des disques et jouer à des jeux débiles sur Playstation sans qu'une antiquité qui pue la naphtaline et la transpiration ne vienne nous emmerder. Et merde ! Qu'est-que-qu'on a bien fait de ne pas descendre à l'étage du dessous lorsque cette peau de vache hurlait comme une truie ! Charlie m'a dit que jeudi dernier, plusieurs heures après que je l'ai quitté, il a entendu du raffut dans le hall de l'étage inférieur. Il a ensuite vu les pompiers, le SAMU et la Police au bas de son immeuble, et puis madame Lindman... sortir les pieds devant dans une bâche en plastique. Quelqu'un avait dû finir par alerter les urgences étant incommodé par le bruit. Je comprend un peu, même si je suis le premier à faire du bruit dans l'immeuble lorsque j'y viens passer des soirées arrosées. Mais là, tout de même, les cris d'une vieille bique emmerdeuse, faut pas pousser. J'ai terminé la conversation téléphonique avec ce même sourire qui me crispait les joues. Mais l'expression de mon visage pris une apparence plus neutre lorsque je me suis rappelé que demain, fini les vacances. Il va falloir retourner au bureau. Mais au fait... je n'ai toujours pas demandé à Charlie ce qu'il avait de si important à me dire depuis jeudi dernier.

ev_sang_jesus

Posté par clement_ à 22:10 - Commentaires [0] - Permalien [#]


Commentaires sur Madame Lindman

Nouveau commentaire