09 février 2009

Grande nouvelle

Tu parles d'une journée ! il a fallu encore se taper cette connasse de madame Chaplain qui me crie dans les oreilles, il a fallu que je lui fasse encore des sourires forcés parce que que voulez-vous... il faut bien bouffer, et si il y a bien une chose dont je ne me fout pas, à mon grand désarroi, c'est bien de garder mon boulot, surtout par les temps qui courent. Et puis il y a cet enfoiré de Bertrand qui me fait des crasses toute la journée. Ce connard n'est pas en reste pour aller cafter auprès du patron la moindre bourde que je puisse commettre. Madame Chaplain et Bertrand... Je m'en occuperai un jour, de ces parasites, il le faut. Je les verrai bien attachés tous les deux, face à face, complètement à poil, les plis de graisses de Chaplain débordant sur le corps osseux de Bertrand. Ensuite je mettrai le feu au couple improbable en lui versant préalablement quelques litres d'essence sur la tronche. Ha... c'est beau de rêver. Ils ne perdent rien pour attendre, ces deux là. Enfin... tout-à-l'heure, après d'interminables minutes dans les embouteillages, j'ai pu un peu m'étendre sur le canapé, jusqu'à ce que j'entende mon téléphone sonner. C'était ce bon vieux Charlie. Le fait de l'avoir au téléphone est la meilleure chose qui me soit arrivée de la journée. Ce qu'il m'apprit me stupéfia : la police a retrouvé chez madame Lindman des restes humains débités en morceaux dans un grand congélateur. Je savais que cette vieille chouette était bizarre mais alors là... chapeau l'ancêtre ! finalement on aurait pu être copains tous les deux, voire même avec Charlie... on aurait peut-être pas joué ensemble à la Playstation en écoutant des vinyls des Sex-pistols un verre de cognac à la main, mais on aurait pratiqué de concert de la chirurgie post-mortem en se donnant des grandes claques dans le dos. J'espère au moins que le travaille est bien fait, madame Lindman, vous n'allez pas me décevoir maintenant...

Cette nouvelle est extraordinaire, mais ce qui me gâcherait la fête, ce serait de savoir que quelqu'un se soit introduit chez la vieille pour y mettre les morceaux dans le congélateur, ou que ce soit un proche ou quelqu'un de sa famille. De toute façon, à ma connaissance et à celle de Charlie, madame Lindman ne recevait jamais de visite chez elle. Il est donc peu probable qu'il s'agisse de cela. Il me plaît tant de penser que cette vieille emmerdeuse solitaire soit un serial killer. L'idée est séduisante, non ? Le rat des immeubles tout juste bon à vous grignoter la patience en futilité comme le bruit, les odeurs de cuisine, les sacs poubelles posés à l'extérieur du container, au bas de l'immeuble. Lorsque Charlie, son voisin du dessus, occupait sa misérable existence à s'astiquer le boyau en écoutant des disques des "Stranglers", elle débitait des corps en quartiers et entassait les morceaux dans un congélateur... fantastique.

Lorsque j'ai raccroché je n'en revenais toujours pas. C'est quand même pas banal, des nouvelles comme ça. Après une bonne douche bien bouillante je me suis préparé des pommes de terre sautées avec une côte de porc. Et oui... je suis un maniaque de la patate, j'en mangerai sur le carrelage des chiottes publiques. La côte de porc aussi, c'est pas mal. Pas autant qu'une bonne entrecôte bien saignante, mais tout de même... C'est en arrosant copieusement mes pommes de terre de harissa que je me suis rappelé que je n'avais toujours pas demandé à Charlie ce qu'il avait de tellement important à me dire, depuis jeudi dernier. Bon aller, je ne vais pas le déranger ce soir, d'autant que je n'aspire qu'à me reposer après cette journée de merde. Je lui demanderai demain, enfin si j'y pense.

ev_sang_jesus

Posté par clement_ à 23:29 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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