12 février 2009

Putain le con !

Encore une journée de merde au boulot. Encore les quolibets de ce connard de Bernard et encore les hurlements de cette connasse de madame Chaplain. Et tout cela en m'efforçant de garder un sourire forcé et en essayant de garder mon calme. Aujourd'hui j'ai remarqué que lorsqu'elle hurle, une petite écume blanche apparaît au coin de ses lèvres, comme un animal, comme une truie. Il lui manquerait plus qu'un groin pour que l'illusion soit parfaite, avec ses vingt ou trente kilos en trop, ses joues rebondies comme celles d'un hamster, son ventre ballottant à chacun de ses pas. Vous l'aurez compris, madame Chaplain ce n'est pas Cyndie Crawford... mais plutôt Cyndie trop forte. Lorsqu'elle me parlait tout-à-l'heure et critiquait je ne sais qu'elle aspect de mon travail (je n'écoutais pas), j'avais une tasse de café bouillant au point et je m'imaginais lui envoyer le contenu en plein dans la poire. Il n'y aurait eu que ce con de Bernard pour aller la nettoyer à la hâte, en bon lèche-cul qui se respecte. Il l'aurait peut-être nettoyée avec la langue et en aurait profité pour lui récurer sa moule bien charnue. Mmmm... peut-être pas devant tous le monde. J'ai fini ma journée de boulot comme d'habitude, frustré de ne pas avoir régler son compte au "couple infernal" : Bernard le lèche-cul et madame Chaplain la grosse truie. En rentrant à la maison, même cérémonial qu'à l'accoutumée : j'allume la télévision et me sers un verre de pastis la main dans une boîte de mister Pringles. Je laisse souvent éteint mon téléphone portable lorsque je travaille, non que je ne veuille pas être dérangé, mais souvent parce que je ne pense tout simplement pas l'allumer. C'est donc devant les émissions à la con de début de soirée que j'ai mis sous tension mon mobile. J'ai constaté que j'avais un message. C'était Charlie. Apparemment il s'était enfin décidé à me dire cette chose si importante qu'il avait à me dire et dont j'oublie tout le temps de lui demander des détails. Très bien, je l'ai donc appelé. Et là... putain, autant j'apprécie ce mec parce que l'on a à peu près la même vision de la vie, autant des fois je le ferais disparaître dans des litres d'acide sulfurique. Ce trou du cul m'annonça que les morceaux de corps humain retrouvés par la police dans le congélateur de madame Lindman, c'était lui. Que je vous explique : il y a quelques mois, au cour d'une de nos escapades nocturnes, nous avions pas mal de cognac dans le pif et nous avons tué un mec. Jusque là tout est normal. Le seul problème, c'est qu'en fouillant dans son portefeuille, on s'est rendu compte que c'était un flic. Lieutenant je sais pas quoi, je m'en rappelle plus. Bon, de toute manière cela ne changeait pas grand chose au problème parce que nous ferions disparaître le corps, comme d'habitude. Sauf que ce flic travaillait dans mon commissariat de quartier. Nous nous en sommes rendus compte parce qu'il possédait un calepin auquel la lettre "T" comme travail était bourré de numéros de téléphone du commissariat concerné, avec pleins de numéros internes. Là on avait fait une bourde. Zigouiller un mec d'accord, mais pas à proximité immédiate de mon domicile. S'amuser c'est bien, mais il faut le faire prudemment. Tous les cadavres que nous laissons habituellement derrière nous ne réapparaissent jamais, et celui là à plus forte raison. Ce soir là j'avais vraiment, mais alors vraiment abusé du cognac. Charlie paraissait beaucoup plus lucide que moi. D'ailleurs c'est lui qui l'a poignardé, je me suis juste contenté de finir le boulot en l'étranglant avec un câble, il ne restait plus grand chose à faire. Je ne pouvais pas participer à la grande messe de la disparition du corps, vu mon état. J'ai donc laissé Charlie s'en charger et je suis allé me coucher, j'étais pas très loin à pied. Je lui ai fait confiance et je pensais qu'il allait utiliser la méthode habituelle : charger le corps dans le coffre de la bagnole (Charlie était passé me voir avec sa vieille 405), puis prendre la route jusqu'à la ferme de son oncle et donner le corps au cochons. L'oncle de Charlie vit seul et connait nos activités. S'il laisse faire et qu'il ne prévient pas les autorités, c'est parce qu'il sait à quel point nous sommes désaxés du citron. Il n'a pas envie de se retrouver dans l'estomac des cochons. C'est un poltron et nous en profitons bien.

Charlie n'avait pas utilisé la méthode habituelle. Ce soir là il était au moins aussi scotché que moi mais ce con est trop fier pour m'en avoir fait part. Il cacha donc le corps sous un tas d'ordure et alla tranquillement se coucher. Mais quel connard ! Dire qu'on a vraiment failli se faire gauler par sa connerie ! Imaginez que quelqu'un tombe sur le corps, à quelques dizaines de mètres de chez moi ! Il a donc repris sa bagnole, retourna chez lui, dormit jusqu'au lendemain dix heures du matin, revint sur les lieux - en plein jour - chargea le corps dans sa caisse, découpa le corps chez lui et alla taper chez madame Lindman à l'étage inférieur, entouré de gros sacs poubelles noirs. Madame Lindman lui a ouvert la porte et il lui a foutu son poing dans la gueule, la laissant inanimée. Je savais qu'il n'aimait pas cette vieille connasse, mais là quand même, il pourrait un peu réfléchir de temps en temps. Il est trop sanguin, ça le perdra, un jour. Il savait que madame Lindman avait un grand congélo parce qu'un jour elle l'a invité à venir chez elle écouter combien en entendait fort les disques qu'il se passe à tue-tête. Il a ensuite foutu les morceaux dans le congé, a enfoncé cinq ou six cachets d'ectasie dans la gorge de la vieille toujours inanimée, histoire de lui faire grimper le palpitant, et a tranquillement regagné ses quartiers avant de m'inviter chez lui pour m'annoncer ce qu'il avait fait. Il voulait faire passer la vieille emmerdeuse pour un tueur sanguinaire, c'est réussi, mais quel connard ! Prendre autant de risque sous prétexte qu'il avait des contentieux avec sa voisine du dessous ! En même tant... j'avoue que c'est bien joué. Lorsque plus tard je me trouvais en compagnie de Charlie dans son appartement, j'ai effectivement entendu madame Lindman pousser des râles : probablement le coeur qui s'emballait sous l'effet des cachets... et nous ne sommes pas descendus.

Mais enfin... ce flic, il vont finir par l'identifier. Charlie m'a dit qu'il lui avait ravagé le visage et lui avait arraché la majorité des dents. Il déconne, Charlie. Le corps a quand même été retrouvé juste en dessous de chez lui; chez sa voisine, à l'étage inférieur. Ce mec est un malade. Mais je l'aime bien quand même...

ev_sang_jesus

Posté par clement_ à 01:20 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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